Jour 9 – 25 Aout: Alexandria, VA – Fredericksburg, VA – 70km

Une journée typique de quand ça se passe bien. (Version boulot):

Je me leve a 7 heures. Il me faut une heure pour démonter la tente, monter les affaires, avaler une broutille. Je fais 40 à 50 kilomètres. Je trouve un Starbucks, un Subway ou un McDo (dans cet ordre de préférence). Je fais ma lessive et un chouia d’hygiène dans leur WC. J’étends mon linge. Je recharge mes appareils. Je déjeune (ma bouffe). J’utilise Internet pour planifier mon itinéraire et régaler la fan base fidèle (ca, c’est vous-même).  Je refais du kilomètre. Je trouve un bel endroit. Je monte ma tente. Je dîne. Je lis. Je dors.

 

 

 

 

 

 

 

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Jour 8 – 24 Aout: Germantown, PA – Alexandria, VA – 90km

Une journée typique de quand ca se passe bien. (Version Nature):

Je me leve a 7 heures. Il me faut une heure pour démonter la tente, monter les affaires, avaler une broutille. Je fais 40 à 50 kilomètres. Je trouve un bel endroit. Je déjeune. Je refais du kilomètre. Je trouve un bel endroit. Je monte ma tente. Je dîne. Je lis. Je dors.

 

 

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Première Semaine – Départ – C’est pas du gâteau

Première Semaine.

Cette première semaine n’aura donc pas été de tout repos.

Malgré les superbes conditions de départ de New York, j’étais quand même pas serein. Pas aidé non plus par une tendance naturelle à aller me mettre dans des situations compliquées (autoroutes, rivières en cru, vélo pourri), je me dis rétrospectivement que cela aurait pu se passer beaucoup moins bien.

Mais le bilan est assez positif, je tiens la route physiquement, et les petits soucis (GPS, matériel défectueux, stupidité personnelle) sont ajustables.

Reste à voir pour le côté musical du projet, puisqu’il s’agit aussi et avant tout d’un projet musical. Je me rends compte qu’avec 90 km de vélo par jour, l’itinéraire et le bivouac, c’est plus difficile que prévu de faire de la musique en cours de route.

De toute facon, les surprises musicales filmées devront d’abord être montees. Mais comme musicalement je prends toujours un peu d’avance, j’aurais de quoi vous faire écouter chaque semaine. Pour la premiere, voici la chanson:

Like a Rolling Stone (Bob Dylan Cover)

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Ce n’est pas mon genre de prêter trop d’importance à des reprises, sauf quand il s’agit de “With à Little help from my Friends” de Joe Cocker, “Your Song” de Billy Paul ou encore “Candy Says” d’Anthony and the Johnsons.  (Oui je sais, j’ai laissé de côté “Hallellujah”, “My Way”, “Hurt” et bien d’autres, on peut en discuter si vous voulez). 🙂

Donc c’est une reprise, mais qui prend une place particuliere pour moi. Pour les paroles bien sur, mais aussi parce qu’il  s’agit de la première chanson de Dylan que j’ai écouté, quand j’avais 16 ans. (Un coup de poing musical dans l’oreille droite suivi d’un uppercut mélodique de l’autre cote…C’est quoi cette intro d’orgue? Et c’est quoi cette voix? Ce phrasé? Il m’a fallu trois écoutes pour y comprendre quoi que se soit).

Et puis quand je l’ai enregistré à Los Angeles au studio AndromiDen, j’était passé par tous les états, je revenais un peu du fond du gouffre, je m’en suis extirpé pour les enregistrements.  À la fin d’une journée de prises de voix, epuisé, émotionnellement surchargé, j’ai improvisé et cette version. Nous avons tout de suite décide de l’enregistrer tel quel, avec juste un joint, deux micros et trois prises.

Je pense ne jamais avoir réussi à atteindre un tel degré d’honnêteté en studio. Quand nous avons essayé de la re-enregistrer deux jours plus tard, bien reposé, avec des micros partout, j’étais incapable de reproduire l’état d’abandon total de moi-même que j’avais éprouvé lors de l’enregistrement de cette version.

Like a Rolling Stone (Bob Dylan Cover) – Soundcloud

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Jour 7 – 23 Aout: Manchester, MD-Germantown, MD – 70km

Et c’est parti pour les rayons de roue qui pètent. Pour le premier j’ai la chance que le vendeur, super-sympa, m’offre un nouveau pneu et la réparation. Le deuxième est sympa aussi, et si le troisième me fait également cadeau de la réparation, j’achete quand même les outils pour remettre des rayons moi-même. Je ne suis pas sûr que je vais me lancer là-dedans (c’est bougrement compliquée, faut « accorder » les rayons), mais faut pas tenter le destin (deux jours après je suis obligé de racheter une roue spéciale pour gros poids).
C’est à Washington, DC, donc réparation express du velo, visite express de la ville, (Maison Blanche, Capitole Hill, Lincoln Memorial), départ express de la ville. Je sens que je devrais rester un peu, mais c’est un peu tot pour les villes et j’ai envie d’avancer le plus possible. Mais cette ville m’a fait une bonne impression, et pourtant je m’attendais au pire.

Ce que j’ai appris de cette journée: j’en connais quand même par un rayon sur les vélos

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Jour 6 – 23 Aout : Bowmansville, PA – Manchester, MD

Et c’est parti pour les pneus crevés. Premier tôt le matin. Je pousse donc mon Velo jusqu’au prochain bâtiment, le seul de cette reserve naturelle quelque peu bizarre. J’y ai planté ma tente en ignorant les panneaux qui interdisaient à toute personne d’y pénétrer, mais si je respectais les panneaux du genre « Private propre », je n’irais pas bien loin. Cette fois cependant, il s’avère qu’il s’agissait d’une prison de haute sécurité pour mineurs délinquants. Donc, une joyeuse bande de violeurs et meurtriers comme m’apprend le staff, qui est tout heureux de m’aider à regonfler mon pneu. Qui est à plat quelques kilomètres plus loin. Je fais du stop jusqu’à une station de service, je le change, mal, il explose deux kilomètres plus loin.

Ce que j’ai appris de cette journée: C’est en apprenant que l’on se forge le caractère

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Jour 5 – 21 Aout: Columbia, NJ – Bowmansville, PA – 100km

L’itinéraire jusqu’à maintenant à été un peu décevant…je passe beaucoup de temps sur les interstates à respirer les pots d’échappement et l’odeur des carcasses d’animaux qui se décomposent sur le bord des autoroutes (un nombre assez hallucinant en fait, de toutes variétés…avec des vautours qui en profitent et se font dégommer par la suite….je vous épargne les photos). Donc, les « pistes cyclables », on repassera (apparemment pour eux « piste cyclable », c’est toute portion de route goudronnée ou on peut se maintenir en équilibre sur deux roues et froler joyeusement la mort et les fous furieux en camions et pick-up)…

En sachant que je me rajoute quelques centaines de kilomètres  pour « profiter » des chemins « amenagés ». Comme vous le pressentez, il y a de la rébellion dans l’air, et je ne vais pas tarder a remettre en question l’autorité de la Adventures Cycling Association…et en payer les conséquences…

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Jour 4 – 20 Aout: Conshohocken, NJ – Columbia, NJ – 90km

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Je commence à prendre le rythme doucement, j’ai un peu moins les jetons à chaque coup de pédale que mon vélo se casse en deux, même si je crains le moment ou les emmerdes vont commencer. Je suis en plein pays Amish, et, préoccupé que je suis avec mon mathos, l’itinéraire et autres, je ne prends pas conscience des goodies de la vie et du caractère édénique des paysages (enfin quelques petits morceaux, n’exagérons pas non plus, c’est pas non plus la Patagonie). Mais les stands de produits frais sont super et je mange les meilleures pêches et tomates que j’ai jamais gouté. Et une confiture de groseille qui me procure du bonheur petit-dejeunesque pendant deux semaines pour 2$50.

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Jour 3 – 19 Aout: Hopewell, NJ- Conshohocken, NJ – 60km

Terrible journée. La pluie a commence dans l’après-midi et ne s’est plus arrêtée. De toute facon, j’ai rien contre une petite étape, histoire de me remettre de la fatigue des montées de la réserve naturelle du Sourland. Je m’installe dans un parc, mais comme je ne suis pas certain d’avoir le droit de camper j’essaye de me faire discret et de mettre à distance de la route principale, non loin de la rivière. Mais à ce moment une alarme intérieure se déclenche, car je me souviens d’une mauvaise expérience de campement en Uruguay, au bord d’un lac par une forte pluie (le lac avait décidé d’aller au-delà de ses limitations, comme un apprenti cycliste qui tenterait de traverser les Etats-Unis sur un vélo chinois).

Pourtant, je décide de ne pas l’écouter, ce qui a pour conséquence un réveil au milieu de la nuit où je réalise que je suis dans la rivière avec ma tente. C’est à peine croyable car l’eau s’est à peine infiltrée dans la tente elle-même, mais lorsque j’en sors je suis dans l’eau jusqu’aux tibias. J’entame donc un sauvetage nocturne d’urgence, tout en pestant contre moi-même et tout le reste autour. Mes affaires sentiront la rivière, la saleté, et l’humidité pendant les jours qui suivent.

Bilan de la journée : Parfois il faut savoir lire les signes (cf le lendemain matin).

Et : si tu veux rester sec, n’ignore pas les marées montantes (proverbe sioux).

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Jour 2 – 18 Aout: Summit, NJ – Hopewell, NJ – 80km

La prochaine étape est censée être Neshanic. L’itinéraire est vaguement adapté du parcours de l’Adventure Cycling Association, de google Maps et de mes recherches erratiques sur un ordi qui s’éteignait toutes les 10
minutes sans raison.

Un cycliste à qui je demande le chemin m’envoie dans une mauvaise direction, ajoutez quelques kilomètres. Lorsque j’arrive finalement à Neshanic, je ne trouve même pas une ville : il n’y a rien à Neshanic !
Ajoutez un peu de découragement.

Je me perds et dois traverser la réserve naturelle de Sourland, avec des montées sans fin sur des kilomètres, ajoutez un épuisement profond.

Mais alors que je fais une halte pour prendre une photo du très dylanesque couché de soleil sur des rails ferroviaires, une fille s’arrête et m’embarque avec un de ses amis, Jacob. Il s’avère que ce dernier est un cycliste avide (il a traversé les États-Unis, l’Europe, l’Afrique de l’Ouest) et une très belle personne, fermier bio, qui s’oppose consciencieusement à la folie de la production industrielle de nourriture (la note personnelle 4 en dit plus sur le sujet).
À ce sens du destin (cela devait se passer à CETTE minute, à CE croisement), ajoutez un dîner délicieux et une nuit reposante.

Mais malgré tous les bons sentiments et le positivisme couiquent, force est de constater qu’en deux jours, j’ai rajouté l’équivalent d’un jour de pédalage…je vous laisse faire les calculs pour l’ensemble du voyage…

 

 

 

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Jour 1- 17 Aout: New York, NY – Summit, NJ – 70km

J’ai passé sept belles journées à New York, tout proche de Central Park, de l’Empire State Building et de Time Square, mais malgré tout l’envie me démange de commencer ma traversée des Etats-Unis. Après de douloureuses hésitations et des faux espoirs, je suis finalement devenu l’heureux possesseur d’un vélo en bonne et due forme (avec deux roues, et même un guidon).

Je me rends compte qu’une fois chargé de mes affaires, ledit vélo pèse une tonne, et ma première tentative d’en pousser les pédales est assez terrifiante.

Ne parlons pas du vélo en lui-même, car je sens déjà que le jour où je vais amèrement regretter ma radinerie va arriver, et à ce moment-là j’aurais besoin de nier toute responsabilité. Peut-être qu’il est suffisant de dire que je ne roule pas sur le modèle dernier cri avec airbags et douche chaude intégrés, et que je suis prêt à subir les avaries de matériel avec une stoïque résignation.

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Première destination : Summit, New Jersey ! Trente kilomètres, et un ferry.

Mais avant ça je veux à tout prix passer par le Gaslight (le café où Dylan a commencé, rappelez-vous Lleweyn Davis). Dans l’excitation, je rate le pont Lincoln, et le ferry, et je dois faire un détour de quarante kilomètres pour traverser l’Hudson River par le pont de Washington. La première montée que j’affronte avec mon vélo, je dois descendre et poser pied a terre. 

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J’aimerais pouvoir romancer un peu l’affaire et affirmer que traverser un pont aussi énorme valait bien la peine du détour de quarante kilomètres, mais il me reste trois autres ponts à passer avant d’arriver à Newark. Avec des pistes cyclable si étroites que mes sacoches se prennent dedans et je me ramasse parterre, tout va pour le mieux.

En sortant du pont je réussi également l’exploit inexplicable de me trouver sur la route qui mène à l’autoroute, et je me sors de ce mauvais pas en soulevant mon vélo au-dessus de rails, avec la force que seule l’adrénaline de l’effleurement de camions de 16 tonnes peut conférer.

Il commence à faire nuit, or je ne suis qu’à Newark, et s’il y a une chose à savoir sur Newark, c’est que ce n’est pas vraiment l’endroit idéal où se trouver à la tombée de la nuit. Mais le sommet (en anglais : « summit ») doit être conquis, et j’y mets mes dernières forces : j’arrive enfin à Summit ! (notons que le jeux de mots marche mieux en anglais).

Bilan de ce premier jour : si pendant mon voyage les choses tournent mal, j’aurais BAU pleurer, faudra que je me débrouille seul (encore une fois, le jeux de mot marche mieux en Anglais, BAU = bande d’arret d’urgence, ndlr)

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L’arrivée

Après beaucoup d’angoisses, de sueurs froides et d’insomnies, le jour du départ arrive.
Toutes mes affaires sont dans mes sacoches Ortlieb (merci encore à www.probiking.com pour le sponsoring) et je les ai ficelées dans un énorme tas que j’arrive à peine à soulever.

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Je zappe En 80 Jours autour du monde, version 1954 dans la sélection video de l’avion (ça c’est du professionnalisme). A la place je regarde un documentaire sur deux types qui veulent être réalisateurs, et qui pour ce faire décident d’aider un groupe de rock à devenir célèbre pour pouvoir tourner un film sur eux. Une idée à peu près aussi simple que celle de traverser d’est en ouest les Etats-Unis à vélo pour faire de la musique. A la fin du documentaire, le groupe s’avère ne pas être trop minable (ils s’appellent « les Who »…) et tout est génial, à part qu’un des mecs devient un drogué, puis un fou, et meurt, et que l’autre gars ne participera jamais au film qui est tourné finalement (qui s’appelle Tommy). L’autre documentaire que je regarde s’appelle « Les Marchands de doute ». Assez inquiétant à regarder, mais très intéressant. – Cf la touche personnelle 3 (LTP 3) 

A l’escale à Philadelphie, j’ai droit à une seconde inspection en règle de mes affaires, et les douaniers me pressent de questions pendant une bonne heure. Je dois répéter inlassablement que non, je ne suis pas un SDF (malgré ma tente), et que je ne prévois rien de bizarre et/ou de dangereux (malgré ma barbe). J’ai l’impression de reprendre là où j’avais laissé l’Amérique lors de mon dernier voyage, et je passe une nuit peu agréable dans une crasseuse auberge de jeunesse à Brooklyn.

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Mais heureusement, il s’avère que la personne que j’avais contactée depuis l’Europe sur le site de Warmshowers (couchsurfing pour cyclistes) est quelqu’un d’incroyable, de très généreux, un compositeur qui m’accueille dans son appartement à Manhattan pendant sept jours. 

Manhattan Sunrise
#in80daysacrossthestates

C’est donc jogging matinaux le long de la 5eme Avenue (piétonne pour l’occasion) et à Central Park, et les derniers achats de matériel avant le départ sur les routes. 

Morning run along park avenue...

Au menu : Central Park, Times Square, l’Empire State Building et la Station Centrale, mais aussi des choses plus personnelles : le Chelsea Hôtel, le Dakota Building, et le parc urbain suspendu High Line.

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Malheureusement Rob (Fraboni) a eu un accident, donc on ne va pas réenregistrer la reprise de « Like a Rolling Stone« …

Mais de toute facon je ne sais pas si je peux faire mieux que cette version enregistrée au studio AndromiDen, Pasadena, et Rob va bien, donc c’est l’essentiel.

Et avec le concert SOFAR, je peux pas non plus me plaindre de ce départ…

So far, so good

Préparation

Preparation:

J’avais donc trois mois pour préparer les trois mois de vélo a venir.
J’étais à Paris, et pour des raisons pratiques, c’était plus simple de me préparer physiquement à ma traversée de Etats-Unis en vélo par la course à pied qu’en pédalant. Le premier mois j’ai couru 150 kilomètres, et plus de 200 le deuxième.

Exit la weed, la clope, l’alcool, le café. Bon, je veux pas dramatiser non plus, c’est pas comme si avant j’avais eu l’hygiène de vie d’un Shane MacGowan.

Au bout de mes 350 kilomètres de course à pied, j’ai quand même grimpé sur un vélo, et je pédalais 40 à 80 kilomètres par jour, jusqu’à ce que je me lance mon premier défi :

La ViaRhona de Genève a Lyon, 240 kilomètres avec trois étapes « expert » selon le site.
J’ai à peine réussi a sortir de l’ascenseur tellement j’étais chargé…
Premier problème : après les 10 premiers kilomètres, les vitesses me lâchent, et évidemment je n’ai pas les outils adéquats pour les réparer.
Un type super serviable me file son trousseau de clés et sauve ma journée, et mon voyage (le trousseau me resservira dans le fin fond de la pampa quand je devrai démonter mes pédales à 7 heures du matin).

Une petite vidéo de ces trois jours :

Deuxième entraînement à travers le Bergisches Land, en Rhénanie Westphalie

Le nouveau matériel (je vous épargne la liste complète) est bien rangé dans les sacoches Ortlieb Frontroller and Backroller, sponsorisées par www.probiketouring.com, un grand merci à Bertrand Scaramal.

Je traverse les beaux paysages calmes et ensoleillés de cette région, faite de vignes hautes, de champs de blé, de petits ruisseaux et de lacs entourés de forêts.

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